Flying With One Wing

SYNOPSIS

 

De nos jours, dans une petite ville de Sri Lanka, une femme vit et travaille sous l'apparence d'un homme marié. A la suite d'un banal accident, sa véritable identité sexuelle est découverte par le médecin qui la soigne. Ce dernier se met à la harceler.

Dans le même temps, un de ses collègues, se méprenant tant sur l'identité que les penchants sexuels de son " compagnon " de travail, tente lui aussi de la séduire. La femme repousse l'un et l'autre, mais par dépit, le médecin révèle finalement son secret...

Le rêve d'une vie d'homme s'écroule : commence alors pour elle une succession d'épreuves qui conduiront à un dénouement tragique.

DÉCLARATION D'INTENTION DU CINÉASTE

Toutes les petites filles, dès leur plus jeune âge, comprennent très vite que la "condition féminine" n'est rien d'autre qu'une convention sociale. Elles comprennent aussi que la "masculinité" est un état supérieur à celui de la femme dans l'odre social. Résultat, chaque petite fille, en plus de devenir femme, souhaite plus ou moins consciemment être aussi un homme. Ce désir débouche sur un véritable dilmme au fur et à mesure qu'elle grandit. Elle réalise peu à peu qu'elle va devoir partager le même sort que celui de la plupart des autres femmes, que cela tient aux relations traditionnelles et rituelles ordonnées par la société. Elle n'a pas d'autre échappatoire que d'étouffer le désir de virilité qu'il y a en elle, et devenir conforme à ce que l'on attend d'elle.

 

C'est la première fois, je crois, que dans cette partie du monde la question des discriminations sexuelles dans la société est évoquée d'une façon aussi frontale. Il me restait alors à imaginer une façon particulière, unique, de transcender les mot et visualiser ces idées. Tout comme mon précédent film This Is My Moon, Flying With One Wing est un peu le produit d'une expérimentation en quelque sorte.

ENTRETIEN

Anoma Janadari

 

Anoma Janadari, née en 1964, a débuté sa carrière d'actrice avec un des rôles principaux de la pièce Hitler, en 1985. Six autres rôles suivront, notamment Maghata, écrite et montée en 1988 par Asoka Handagama. Puis elle joue dans trois de ses films : Moon Lady, This is My Moon et Flying with One Wing, ce dernier rôle lui attirant, à Sri Lanka, aussi bien la reconnaissance critique que de violentes attaques personnelles. Elles poursuit en parallèle une théatrale : récemment dans l'adaptation cinghalaise de La Jeune Fille et la Mort, représentée à Colombo au cours de l'été 2003.

 

Jusqu'à quel point vous identifiez-vous au personnage que vous jouez dans Flying With One Wing ?

 

C'est l'histoire vraire de la femme telle que je la vois depuis mon plus jeune âge. À travers l'expérience d'une certaine soumission qui était celle de ma propre mère, je me suis rendue compte de la façon dont toute une société construit la ségrégation entre l'homme et la femme. Quand Asoka m'a proposé le rôle, j'étais heureuse de pouvoir exprimer ma propre révolte en tant que femme.

 

Avez-vous rencontré le personnage réel pour préparer votre rôle ?

 

Non. Le film s'inspire d'un fait divers rapporté par la presse, il se sert de cette histoire pour dénoncer la réalité de la condition féminine dans notre société. Cette femme veut vivre sous l'apparence d'un homme tout simplement parce qu'elle ne pourrait pas survivre dans une société où la femme n'est que le "deuxième sexe" face à l'homme dominant. Tous les conflits qui entourent mon personnage révèlent à quel point il y a quelque chose de tragique dans cette manière qu'a la société d'institutionnaliser la position de la femme, socialement, économiquement et sexuellement.

 

Est-ce que vous considérez que la confusion d'identité de votre personnage reflète le de la femme dans la société ?

 

Quand j'étais encore enfant, je me suis rendue compte que l'on portait sur moi un regard différent de celui que l'on portait sur mon frère. Et comme je commençais à me rebeller contre la façon dont on me traitait, je voulais faire comme lui, pour que la société me considère comme égale. Toutes les femmes cachent un rêve jamais réalisé, celui d'être "mâle".

 

Une des critiques parues sur le film fait du vêtement, qui à la fois dissimule et expose, le principal stratagème dont se sert le film pour traiter son sujet. Qu'en pensez-vous ?

 

La société détermine et construit la place de l'homme et de la femme à partir de l'habillement. L'apparence que mon personnage se donne dépend notamment des vêtements qu'il porte. Le vêtement ne devrait pas être un facteur déterminant. Si les traditions victoriennes ne vous avaient pas engoncés dans des vêtement, nous serions encore un peuple libre. Dès qu'on les porte, les vêtements attisent l'hypocrisie morale, et c'est ce socratisme moral qui cherche à dissimuler la femme sous l'habit.

 

 

 

 

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